11 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

TAHITI 2004

4 janvier 2004. Départ pour le grand saut, 17000 kms et 30 heures de voyage.

CARTE MONDE

L’époque est peu propice aux voyages en raison de craintes d’attentats  terroristes aux états unis. Nous décollons avec 2 heure de retard de ROISSY  où les contrôles sont très sévères , avec notamment 2 fouilles au corps , chaussures enlevées.

L’escale à LOS ANGELES est sans histoire , nous sommes accueillis par un « shérif » tous les 10 mètres .

Arrivée à PAPEETE ( on prononce papéété ) à 1 heure du matin locale , accueilli par un GILOU  qui a peu changé ( je ne l’ai pas vu depuis une bonne vingtaine d’années..)

gilou

Nous rentrons chez lui sous des trombes d’eau et sans ..essuie glace, nous parlons jusqu’à 03h30 ..je ne m’endors pas , bien sur , décalage horaire ( 11h) aidant. la maison est splendide , sur les hauteurs de PAPEETE avec une vue magnifique.

LUNDI 6

L’accueil de PATRICIA et GILLES est très sympa, PATRICIA me fait visiter sa ville ou G FLOSSE ( président de la polynésie française )  semble régner sans partage .

Nous partons à la plage avec GILLES , plage de sable noir peu profonde , un paradis pour les gosses .Je m’essaie au morée , sans succès . Nous déjeunons sur place d’un poisson cru mariné , un délice.( j’aurai l’occasion de m’en  régaler régulièrement ) . Perturbé par  le voyage , j’en oublie les palmes prêtées par GILLES ..pas perdues pour tout le monde . Il me confie gentiment  son scooter et j’entreprends le tour de PAPEETE à la recherche d’un magasin  de sports ..

J’ai tellement bien repéré la maison  que je passe une heure à la retrouver..

Le soir apéro chez des voisins , le dépaysement attendra , nos hôtes , charmants ( métropolitains , l’un prof de gym l’autre documentaliste ) nous servant champagne et foie gras..

Je note le faible désagrément lié au décalage horaire .

VANILLE

Réveil le lendemain à 6 h , GILLES me montre des images de surf splendides qu’il a tournées sur un spot réputé.

Il m’accompagne à l’aéroport où l’avion ( ATR à hélices et +- 15 places ) m’attend pour MOREA que j’atteins après un 1/4 heure de vol .

AVION

Je m’installe à « L ‘HIBISCUS » en bord de lagon. Les vagues qui claquent sur la barrière de corail sont impressionnantes, le bruit que j’entends du FARE , magique..

Je déjeune à « LA PLANTATION » , d’un poisson cru mariné au lait de coco, c’est divin. Le patron se révèle être un rochelais, qui a réalisé son rêve en s’installant ici . ( je crois qu’il rêve maintenant de repartir ..)

Dès 18 heures , GERARD  ( ami niortais installé à MOREA ) m’appelle et passe me chercher avec un pick up rutilant.Nous dînons chez lui ( et VIGNOL) , le repas est bien arrosé et j’ai presque mon compte..

Le lendemain , 7 janvier donc , je loue un scooter et entreprends le tour de l’île . C’est somptueux . J’imagine les 1ers navigateurs au mouillage dans les baies de COOK et OPUNOHU…

Je monte au belvédère où la vue  sur les 2 baies est incomparable . je descends sur la baie de COOK par une piste forestière , çà ressemble à du moto-cross . Je prends langue avec des locaux ( ouvriers agricoles ) qui m’offrent une tranche d’ananas succulente  et un fruit entier..pour la route .

[ Au moment où j'écris , la barrière de corail produit un bruit comparable à un avion de ligne au décollage.Le PACIFIQUE se révèle mal nommé  aujourd'hui , sans doute les traces d'un cyclone qui a frappé hier une petite île avec des vents de + de 300 kms heure.]

Sur le chemin du retour , il pleut tant que je suis contraint de m’arrêter. Une petite épicerie plantée sur le bord de la route fait l’affaire et je déguste une cuisse de poulet fumé accompagnée d’un coca . L »accueil est partout sympa , les polynésiens font honneur à leur réputation ..

Le charme de MOREA opère , c’est vraiment une perle du pacifique. Venir y naviguer serait vraiment hors du commun , çà pourrait devenir un objectif , et j’en parlerai à quelques amis.

GERARD passe me prendre à 14h , et c’est parti pour un nouveau tour de l île, avec chauffeur cette fois. Nous quittons les sentiers battus , à pied, traversons 1 ou 2 gués , et c’est la nature dans toute sa splendeur. Champs d’ananas d’aubergines , surdimentionnés , au pied d’un pic rocheux vertical.

Gérard cueille quelques « roses de porcelaine » magnifiques pour sa « doudou » , on dirait des fleurs en plastique . Plus loin  , nous continuons la cueillette  Vers le lycée agricole , je goute des « caramboles », c’est délicieux , cà ressemble par la forme et le goût à des quartiers de mandarine . Nous ramassons des avocats énormes , tombés des arbres ( je pensais que çà poussait dans le sol comme un légume ) , des fruits de la passion , c’est vraiment un pays de cocagne  ! avec l’ananas de la veille , mon petit dej est assuré.

plus loin vers la baie de COOK, nous visitons une petite marina où de nombreux bateaux sont au mouillage ( souvent de construction perso ) Gérard en profite pour faire  ses courses ena achetant un thon de 8 kgs à un pêcheur qui rentre , de quoi voir venir ..

Le lendemain , nous partons en bateau ( celui de gérard) sur le lagon et mouillons l’ancre à proximité d’un motu ( ilôt) voisin. La couleur de l’eau est quasi irréelle , sa température aussi , nous l’estimons à plus de 30 degrés..

gerard vignol

Un sandwich , de  + de 60 cms.., à base du thon acheté la veille et préparé par VIGNOL comble nos appétits . Pendant que GERARD pêche , sans succès.., je plonge dans un véritable aquarium , c’est superbe  . Nous apercevons aussi une raie  dont la tache sombre tranche sur l’eau  turquoise , quelle élégance !

Un grain nous surprend, pas de problême , l’océan nous accueille  , il y fait  plus chaud qu’à l’air libre .Sous les grains et le soleil , le lagon prend successivement des couleurs superbes , dans des tons de vert et de bleu.

L’environnement est magique , la barrière de corail charrie des tonnes d’eau dans un vacarme dont je ne me lasse pas. Le bateau de GERARD  ( indispensable ) est parfait pour cet environnement , la navigation pouvant se révéler délicate en raison parfois de courants violents.

Nous rentrons chez VIGNOL et GERARD , ce dernier me montre son potager. Tout y est démesuré , courgettes , haricots verts ( 50 cms ) fruits de la passion , bananiers , cocotiers et j’en passe , j’oubliais les tomates qui poussent sans terre da,s la « bourre » ( filasse) de nois de coco.BREF une quasi auto suffisance alimentaire dès lors que GERARD maitrisera la pêche  ( y a du boulot) ou bien élèvera un cochon  ou des poules ( il y pense le bougre ) . En parlant d’animaux  , des poules ont élu domicile sur mon toit , fait un concert vers 5 h. Elles m’ont adopté , à mon grand regret.

maevagerard

VENDREDI 9

Journée paisible ; il  pleut , il pleut. Je finis « SOLITAIRE OU PAS  » du Dr STERN  et j’entreprends  » CAP HORN A LA VOILE » de MOITESSIER. Quel bonheur ce doit être de naviguer sans penser au mouillage du soir !

J’invite à diner mes hôtes , chez GISELE  restaurant polynésien  comme son nom ne semble pas l’indiquer. Nous nous régalons d’un cocktail local, d’un poisson grillé accompagné de bananes cuites , un régal . 2 rhums bien serrés plus tard  chez GERARD , nous nous faisons les adieux.

Le lendemain , départ pour HUAHINE , atteinte après 30 mn de vol. Je m’installe à la pension MAEVA , perdue au bord du pacifique..

Ce dernier « ronfle » , ça me va bien je pars au village voisin ,FARE , la « capitale »  afin de louer un scooter et tente le stop pour éviter les 4 ou 5 kms qui me séparent de la pension . A ma grande surprise une charmante conductrice s’arrête aussitôt. Je pensais que mon charme opérait , mais il s’avère que c’est une commerciale de chez HERTZ  qui pensait peut être me louer une voiture..

FARE se situe au fond d’une baie, possède un petit port , plutôt un quai d’accostage, et dégage un charme indéniable et beaucoup d’authenticité.

Peu ou pas de touristes , des autochtones omniprésents , au supermarché , sur le quai , à vendre fruits et légumes , poissons , bref des gens chez eux , entre eux , je le sens bien..

J’avise un bâtiment des douanes et demande tout naturellement ( ?) ..à le visiter. Aussitôt dit aussitôt fait , le commandant m’accueille et me fait les honneurs de son bateau.

Sa mission est de pister les voiliers ( peu de trafics , la polynésie n’est pas un axe important sur la route des contrebandiers ) et d’assurer une présence dans les iles .Toutefois , il lui arrive de porter secours.

Je croise un voileux sur son 35 pieds, à quai, que je pensais destiné au charter local. Il s’agit en fait de 2 couples qui naviguent entre les îles sur un voilier de location . Ils viennent de subir des creux de 4 m et ont abondamment nourri les poissons.

Ah j’oubliais. j’ai rencontré ce matin un couple de canadiens , dans le taxi qui nous emmenait à l’aéroport .Le taxi s’est arrêté brièvement devant une boutique .Je suis descendu voir, et en remontant , la canadienne m’a fait  remarquer que mon « magasinage  » avait été plutôt rapide !

C’est quand même plus joli que « shopping » isn’t it ? Le soir dîner dans le bungalow d’une entrecôte néo zélandaise , de pâtes et d’une bouteille de bordeaux , heu-reux !

11 janvier . J’entreprends le tour de lîle à scooter , c’est une pure merveille .Comme d’habitude je quitte l’asphalte afin de découvrir cette polynésie profonde.Je ne suis pas déçu ; les gens sont d’une gentillesse hors du commun Je m’arrête à un lieu dit , qui comprend 2 habitations .Un « vieux »  POLYNESIEN assis sur une chaise en bord de route  et de lagon semble perdu dans ses pensées , et dégage beaucoup de noblesse. L’un de ses familiers me demande de le photographier  et de lui adresser la photo, ce que je promets bien sûr.( ce sera fait dès mon retour à PAPEETE avec l’aide de GILLES )

POLYNESIEN

Me dirigeant ver « EDEN PARK  » , qui est un jardin botanique , mais qui se révèle fermé , je croise une superbe créature toute de bleu vêtue  , faisant son jogging ! Quel effet dans ce coin désert et luxuriant ! un joli sourire et un petit signe de sa part me comblent d’aise..  GILLES me dira plus tard que les jolies polynésiennes saluent rarement surtout en rase campagne , et qu’il s’agit plus vraisemblablement d’un RAERAE , travesti local , lesquels sont très nombreux en polynésie ..quelle déception !

Les paysages sont vraiment fabuleux , les baies enchanteresses , un paquebot 4 mats est au mouillage , le décor est planté…

HUAHINE est vraiment ce que j’ai vu de plus beau , cette île a un charme fou.

le lendemain , vers 10h30 , je croise un » « TRUCK » , bus local qui prend en charge des gens endimanchés ( surtout des femmes). Couleurs magnifiques, chapeaux qui ne le sont pas moins , j’imagine qu’ils vont à l’église.Demi-tour, je les suis. L’église est magnifique , plantée au ras du lagon.Je prends 1 ou 2 photos , les costumes sont superbes , je n’ai pas la patience d’attendre la messe , d’autant que je me sens importun , du moins détonnant dans ce rassemblement. Je ne voudrais pas jouer les « voyeurs » .

truckeglise

 

Sur la route , de nombreux petits cochons sauvages , des crabes par dizaines qui sont là bas une véritable plaie ( ils creusent des galeries comme les taupes  ) .Je slalome , mais les « couac » sont nombreux .

Je déjeune d’un avocat gigantesque , une petite sieste et c’est  reparti.C’est dimanche , les polynésiens sont tous dehors , qui à la plage, qui jouent..à la pétanque, qui jouent au volley ..comme nous.

[je dois dire( pas très fier de moi) que ne n'imaginais pas la POLYNESIE aussi développée, pardon aussi "occidentalisée" dans sa façon de vivre. Ils vivent comme nous , ont souvent un humour perdu par bon nombre de "métros" , lisent les mêmes journaux que nous avec le même contenu. Par exemple les derniers avatars de la scène politique française , les derniers résultats sportifs , ils ont aussi un "canard enchainé" local bien virulent , et une radio indépendantiste qui flingue à tout va le président FLOSSE]

pour ma part , je me baigne 2 ou 3 fois , notamment au  » JARDIN DE CORAIL » , près du SOFITEL, qui se révèle être encore un véritable aquarium . J’espère que les photos seront bonnes ..

Ce soir , diner à   » la roulotte » ; qui est là bas ( en mieux) ce que la baraque à frites est chez nous. 2 brochettes d’espadon et un coca ( alcool interdit à la vente ) , mais un petit verre de BORDEAUX  un peu plus tard au retour.

12 janvier . je loue une pirogue à moteur , et c’est parti pour une visite des îles ( HUAHINE est composée de 2 îles HUAHINE NUI et HUAHINE ITI reliées par un isthme.

L’approche est différente mais tout aussi magique. A +- 15 noeuds sur les lagons entourés d’un relief grandiose , je m’éclate . 1 heure plus tard , mouillage en bordure d’un minuscule motu et baignade obligatoire..

Apercevant un voilier au mouillage sur un motu voisin , je l’accoste . Je suis reçu très aimablement, le skipper m’explique qu’il navigue depuis 18 ans dans le coin , dont 8 ans aux MARQUISES .Son bateau est un 35 pieds DI en fibre de verre  fait main de 25 ans qui s’appelle « LES PASSAGERS DU VENT » , tout un programme ..( je lirai bien plus tard dans VOILES MAGAZINE  un long article relatant son naufrage sur la barrière de corail et les efforts titanesques déployé par le skipper pour le sortir de là.)

VOILIER

Sur le chemin du retour , arrêt à MAROE car je suis déshydraté et il fait une cagna d’enfer . C’est la sortie de l’école et tous les gamins se précipitent vers le ponton pour se jeter à l’eau . Petits et grands sont vraiment très gentils  et collaborent à qui mieux mieux pour m’indiquer l’épicerie locale . Tant et si bien que je peine à la trouver . ( je me demande s’ils ne se sont pas un peu  moqués de moi..)  .Il n’y a que de la bière, je me sacrifie..

retour à FARE , où j’entreprends un footing près de la pension . J’ai vite les temps qui battent …quelle idée

Dernier repas à HUAHINE , mahi mahi succulent avec un peu de bordeaux ( toujours la même bouteille ) , couché à 20h30 levé à 06h30 , et préparation au départ de cette île somptueuse.

Mardi 13 . Survol et arrivée à BORA BORA  la mythique, les couleurs sont invraisemblables ..Il faut se convaincre que c’est bien réel. On dirait un tableau fait par un peintre malhabile qui aurait forcé sur le vert et le bleu ( ou bien sur les verres ) .

Le transfert de l’aéroport à l’ île principale , 15 mn en catamaran à moteur , est fort sympa , nous accostons à la darse de VAITAPE . Je m’attendais à une marina moderne et des hôtels partout ..point de tout cela. Un tout petit port , quelques commerces et basta.

La pension TEIPO est à 1/4 heure, à proximité immédiate du CLUB MED et des grands hôtels . Je loue un scooter , comme dab ruineux mais indispensable . Je ressens une ambiance différente , plus froide , moins sympa , plus mercantile. ( je suis étonné de la colonie chinoise , mais çà n’est pas péjoratif , je dis celà pour PATRICIA )

Il y a un ponton au bout du jardin de la pension.J’y continue ma lecture de « DAMIEN , DU SPITZBERG AU CAP HORN  » . 2 équipages de pirogues traditionnelles s’entraînent  ( les courses sont un évènement) un catamaran remonte rapidement au vent le long d’un motu , je m’y verrais bien . Le bungalow est sympa , fait de bambou et de niau ( feuilles de cocotier tressées ) , simple mais propre et à 20 m du lagon .

J’assiste le soir , au SOFITEL, au spectacle des « MAMAS » , d’anciennes jeunes vahinées qui remuent encore bien les fesses . J’ai hâte de voir celà avec des jeunes.Elles invitent les touristes pour le TAMURE , c’est impayable  ! à côté , la danse des canards ferait figure de ballet BEJARD….ouf j’y échappe.

La nuit est sans fin , avec le chien du voisin qui hurle sans cesse et rallie ses congénères , et dieu sait  ( s’il existe , qu’il fasse quelque chose ) qu’il y a des chiens en polynésie , mais d’habitude courtois et discrets . ( j’infirmerai ce propos plus tard ) . C’est ensuite un concert d’oiseaux , et enfin les coqs..

Un plongeon dans le pacifique dès potron-minet me remet les idées en place.

14 janvier  mercredi. Comme dab , tour de l’île en scooter très rapide et décevant.Une route défoncée dans la partie nord , ( celle où il n’y a pas d’hôtels ..)  des constructions un peu anarchiques , une végétation pauvre ou « abimée » , une déchetterie qui fume , çà n’est pas terrible.

Heureusement , les couleurs de l’océan sont toujours sublimes . BORA est vraiment petite , et l’on tourne vite en rond.Des loisirs sont nécessaires  et çà ne manque pas .Visite des fonds en sous-marin , jet ski , hobbie cat , plongée avec les raies , les requins , etc, il faut juste aligner les dollars.. Je résiste car j’envisage un plan plongée à RANGIROA et je suis à peine à la moitié de mon parcours .

15 janvier . Je pense à FREDERIC qui a 31 ans aujourd’hui, je lui envoie une petite carte . J’espère qu’il pourra un jour découvrir ces splendeurs du pacifique sud.

19h30 .Rien de tel qu’un bon rhum blanc MAUMY au bar du SOFITEL  pour trouver l’inspiration en attendant la langouste flambée au pastis ( beurk ) ..eh oui soirée de riche , une fois n’est pas coutume . L’hôtel restaurant est installé sur un motu , et épouse parfaitement le décor naturel . Les bungalows sur pilotis ont l’air très accueillants , mais leur prix est carrément prohibitif ( 500 à 600 euros la nuit) . Le retour à vélo sans lumière et par une nuit d’encre se révèle épique , je manque par 3 fois d’aller au fossé .

bora2

bungalows pilotis bora

BORA me laissera un souvenir très mitigé. l’île elle même est sans intérêt , ( aucune balade ) même si ses pitons rocheux sont d’une beauté saisissante . Par contre , ses motus , les nuances de couleur du lagon forment un paysage indescriptible . Je n’y ai pas retrouvé la polynésie de MOREA et encore moins celle de HUAHINE, la plus authentique. Il semble que BORA BORA se soit vendue au tourisme.

Il n’empêche que 2 mondes diamétralement opposés , autochtones et grands hôtels omniprésents mais discrets et souvent bien intégrés sur un plan environnemental , semblent coexister pacifiquement . C’est du moins l’impression que j’en retire  après un séjour de 48 h qui ne m’autorise en rien à porter un jugement ..

Mon séjour à BORA se termine , je quitte l’archipel des îles de la société , îles volcaniques , pour aborder l’archipel des TUAMOTOU , îles coraliennes. Toutes sont d’origine volcanique .Les premières sont constituées de volcans éteints  ( culminants à + de 2000m à TAHITI) ceinturés d’une barrière de corail , les secondes dont le volcan s’est enfoncé dans l’océan ne sont plus qu’un lagon entouré d’une barrière de corail constituée de MOTUS et de passes ou non ( inhabitées dans ce cas là ) . Les végétations y sont bien sûr différentes , les volcans retenant les nuages et favorisant une nature prodigue et luxuriante ( voir séjour à MOREA ).Les TUAMOTOU ne possédant ni reliefs ni nappes phréatiques ( juste des sources d’eau saumâtre ) ne sont pas logées à la même enseigne . ( fruits et légumes quasi inexistants ) .

Après une 1h15 de vol , nous atterrissons à TIKEHAU . je devrais dire j’atterris puisque je suis le seul passager à descendre, . L’aéroport fait bien 100 m2 ..

Mon hôte m’attend , la pension est à 500m , mon bungalow planté sur la plage de sable blanc , à 12 m 50 du lagon ..

TIKEHAU est minuscule , 400 ha pour une population de 400 habitants… la seule bourgade est dotée d’une poste , boulangerie , supérette , petit snack et c’est tout.

Particularité, il n’y a pas d’eau de source , toutes le réserves sont constituées d’eau de pluie conservées dans des citernes alimentaires  ad hoc . Les recommandations à l’économie se justifient donc . En ce moment , plus d’eau minérale à l’épicerie ( et bientôt plus de bière ) et le bateau ( goelette ) qui alimente en toutes choses ne part que le 25 de PAPEETE ( nous sommes le 16 janvier )

Je déjeune vite fait au snack d’un shomen ( nouilles chinoises et poulet ) la cuisinière est fort sympa .Les commandes vont bon train , les habitudes alimentaires locales sont nettement orientées vers les hamburgers et les sodas . Je comprends mieux le gabarit des uns et des autres ..

Le tour de l’île à vélo ( suprenant , il freine en marche arrière , est sympa mais dangereux. Pas pour la circulation quasi inexistante , mais pour le risque de chute fréquent des noix de coco. A 3 ou 4 kilos la pièce tombant de 8 10 m , aie aie aie.

J’ai pour uniques voisins  un couple d’américains SUE et MATT ; nous sympathisons . Ils sont de PHOENIX ARIZONA , et nous tentons le dialogue , mon anglais étant nettement supérieur à leur français, c’est un peu compliqué . Le dîner est servi à la même table par des hôtes charmants , NINI et ISIDORE . C’est très décontracté et familial . Nous mangeons des asperges vertes , des oeufs durs , du perroquet ( poisson) grillé  ( succulent ) et des spaghettis . Mes collègues  US  mangent tout ensemble , accompagné d’orangina pour SUE ( coca au petit déjeuner le lendemain ). La nuit est calme , ni dogs ni chickens , les étoiles superbes , les rares bruits viennent du lagon où la chasse semble active.

mat bungalow

mat+hotes tikehau

J’aperçois le lendemain mes premiers requins . Appelés « POINTE NOIRE »  en raison de la couleur de leur aileron , ils sont inoffensifs. Il n’empêche que çà impressionne la 1ère fois . Ils sont omniprésents , on s’habitue à leur présence , et je ne me lasse pas de les voir évoluer. ils font 1m à 1.50 m pour ceux que j’ai pu voir ..

La crainte de m’ennuyer sur cet îlot s’estompe rapidement. Je me fait au rythme de ce motu perdu. Baignade , lecture ( je finis « besoin de mer » de HAMON) , baignade ,vélo,  farniente, farniente..

J’entreprends un court déplacement vers un motu voisin  qui me semble très proche de la barrière de corail qui me fascine et m’attire. J’y découvre d’énormes rochers volcaniques  si déchiquetés que l’on dirait que la lave en fusion a été pétrifiée instantanément, alors qu’il s’agit simplement d’érosion…

C’est vraiment surprenant de voir ces blocs au ras de la barrière  . La nature réserve toujours de belles surprises aux curieux !

Au retour j’aperçois 2 hommes qui devisent assis dans une faible hauteur d’eau . il est vrai que celle ci frise les 35 °. Au milieu de nulle part , c’est un tableau un peu surréaliste ..  Je récupère au retour un splendide corail , on dirait une main à 6 doigts qui auraient poussés sans discernement . J’espère qu’il passera la douane.

L’après midi , SUE et MATTEW  m’invitent à une mini randonnée de motu en motu  avec palmes et tubas . La flore est quasi absente  ( l’eau est trop chaude ) mais les poissons abondent . Un superbe requin de +- 80 cms croise notre route , il a les flancs un peu jaunes , c’est  inhabituel. 2 heures sympa, je récupère un autre corail  au retour . Vers 18 heures , j’aperçois et entends MATTHEW  jouer de la guitare . Il est franchement excellent. De fait il est prof de guitare à PHOENIX , et joue dans un orchestre local de blues . je lui fait écouter LUTHER ALLISON et PETERSON , il connait ..

Au dîner , perroquet grillé . Nos discussions s’enrichissent , il est vrai que MATT parle lentement et distinctement ( rare chez les américains ) . Sa femme SUE ( SUZAN ) qui travaille dans une grosse boite de cartographie , ne comprend rien au français et me parle en anglais comme si j’étais bilingue ..elle me fait trop d’honneur ..elle est sympa et est au coca matin et soir . MATT  n’apprécie pas BUSH et déplore le manque d’ouverture d’esprit de ses compatriotes . Il semble cool , vient ici depuis 3 ans , parle déjà bien le tahitien que NINI la patronne lui enseigne . Elève doué me dit elle .

NINI et ISIDORE  nous invitent après dîner à partager un moment sur le quai de TUHERAHERA , le village principal. L’idée peut paraître bizarre , mais bon ..

Nous nous installons sur une barge flottante , et MATT prend sa guitare , quelquefois relayé par ISIDORE . Le moment est très agréable , nous entendons la vie sous-marine , qui se révèle intense autour du quai dont la lumière attire la faune . les barracudas sont en chasse me dit NINI , et ils le font savoir  !

Soudain, c’est la cerise sur le gateau , une énorme raie MANTA apparait , va et vient , majestueuse . J’essaie d’immortaliser l’instant , m… mes batteries sont vides , mais SUE me transmettra les siennes par mail . quelle beauté , quelle grâce !

Trop court séjour  à TIKEHAU , hors du temps , où les rencontres se sont avérées sincères et amicales.

Départ le 18 pour RANGIROA, après une bise de NINI. très court voyage pour rejoindre une perle des TUAMOTOU , à 350 km de TAHITI. 2ème plus grand lagon du monde ( le + grand est en INDONESIE ) capable de loger l’île entière de TAHITI ! une véritable mer intérieure dont on n’aperçoit pas la rive opposée. Des mensurations gigantesques , 80kms de long sur 30 de large , des colères liées au pacifique qui peuvent le rendre impraticable …  2 passe profondes , TIPATU et AVATORU permettent entrées et sorties du pacifique , et surtout flux et reflux au rythme des marées  ( de faible amplitude ) . Les courants peuvent y être très violents  , la houle énorme , et une activité fort prisée consiste à se laisser dériver dans la passe , en y observant la faune , dauphins , barracudas , poissons divers , requins de belle taille  qui entrent et sortent du lagon . Un grand moment parait-il .

RANGI est un haut lieu , que dis-je un spot mondial de plongée ( je commence demain ) . La faune y est exceptionnelle , raies , tortues , dauphins , reqins marteau, citron et autres. COUSTEAU a filmé ici nombre de séquences de « grand bleu ».  Je m’installe à la pension TUANAKE  où je suis le seul client ! ( c’est la basse saison ) . Je n’aime pas la foule mais quand  même

pension rangiroa

 

Dîner en tête à tête avec la cuisinière , sympa. Je lui propose mêle de l’aider à faire la vaisselle .. Elle connait LA ROCHELLE , RE , le restaurant ANDRE , le monde est petit …   Je fais office de gardien , le patron ,VETEA , étant de sortie. Mon bungalow est sympa , un peu oriental, et planté sur la plage . Il suffit de prendre masque et tuba  pour apercevoir une faune considérable dans 1 mètre d’eau . A la passe de TIPUTA ,j’observe des dauphins qui jouent avec les vagues et le courant , et je ne me lasse pas du spectacle . Le village de TIPUTA , qui jouxte la passe éponyme ( transfert par taxi-boat ) est très joli , pas ou peu de touristes , c’est un endroit authentique . Le reste du motu est sauvage , et mon vélo peine sur les chemins de corail . je déraille d’ailleurs 2 fois en pestant après ce matériel antédiluvien.

Nous somme dimanche , il est 11 heures et c’est l’heure de la messe à TIPUTA . J’entre et écoute.. le NOTRE PERE chanté par des polynésiens endimanchés , accompagnés par 2 guitaristes. C’est superbe, j’en ai des frisson … A un moment tous les fidèles se lèvent , élèvent les bras comme JC sur sa croix , se tiennent par la main , puis un moment après sur un signe du prêtre , s’embrassent et se serrent la main à qui mieux mieux . L’homme qui est devant moi se retourne et me tend la main , une femme me salue d’un hochement de tête , que de respect dans ces gestes !  Sur le fond , la religion a peut être du bon , va savoir ! *

La route qui relie TIPUTA à AVATORU ( d’une passe à l’autre donc ) fait à peu près 11 kms et il n’y en a pas d’autre. Malgré celà , la circulation est impressionante  ( toutes proportions gardées ) et les 4*4 fort nombreux .Pour ma part , j’ai bien fait une centaine de kms à vélo , chaque centre d’intérêt  ( poste , journaux , snacks ) se trouvant à plusieurs kms . Après discussion avec plusieurs locaux , la cuisinière évoquée plus haut , une patronne de snack plus loin, le patron d’un canot de pêche , il apparait que les polynésiens ont pris quelques unes de nos sales habitudes , notamment « vouloir p.. plus haut que son c..  » pour épater le voisin  . Le pêcheur me confie son désenchantement . Jadis me dit il , un pêcheur ramenait du poisson pour 10 , le lendemain un autre faisait de même  et ainsi de suite  , c’était le règne du partage .Une maison se construisait en 1 journée  avec l’aide de tous ( en bois et NIAU )

Aujourd’hui tout celà est fini , il n’y a plus que le fric qui compte ,et plus personne ne travaille pour rien  .

Cà y est , j’ai plongé à RANGIROA ! pas de quoi pavoiser  puisque je ne peux plonger au delà de 10 m faute de disposer du brevet 1er degré. Malgré tout la visite de « l »aquarium »  révèle une faune étonnante , peut être habituée à voir des plongeurs néophytes.. des centaines de poissons virevoltent autour de nous , dans une palette de couleurs incroyablement riche..

Un souhait est réalisé , par l’apparition d’un superbe requin pointe noire qui évolue quelques mètres sous nos palmes. Un nourrissage  ( mie de pain ) des poissons me laisse une légère blessure au doigt. Quelle voracité !

Le soir , spectacle polynésien  au KIA ORA , hôtel de luxe à 3 kms de la pension  (  VETEA me dira plus tard que cet hôtel est aux mains des yakusa japonais qui feraient ainsi du blanchiment d’argent .) Le spectacle est superbe , les filles aussi et le TAMURE vraiment excitant .. Cette façon de remuer les hanches et le bassin à quelque chose de diabolique , et quelques hommes de foi ont certainement jeté la soutane ..  Le lendemain je souscris à une excursion au LAGON BLEU .Départ  09h pour une heure de bateau , 18 milles nautiques à 18 noeuds sur une vedette de 200 cv  , sur un lagon sans ride. Le LAGON BLEU est ainsi dénommé parce que c’est un lagon ( donc avec barrière de corail ) dans le lagon principal avec des couleurs dignes ( presque ) de BORA BORA .  Je plonge sur un tombant où le relief sous marin se révèle exceptionnel, avec des coraux omniprésents . Des successions de mini grottes , de chenaux , révèlent des trésors de poissons multicolores , petits et gros. Les couleurs dépassent l’entendement ! de nombreux bénitiers sont aussi présents , dans des tons de vert ou de bleu magnifiques . J’aperçois aussi une belle sole qui se dissimule dans le sable blanc. Ah un pointe noire apparait , de belle taille , je le suis quelques instants , cet animal est vraiment fascinant dans ses évolutions . Je le revois plus tard , plusieurs fois . Quelques minutes après , ce sont 2 requins qui me regardent , du moins c’est l’impression que j’ai , et  qui se rapprochent… j’ai beau savoir qu’ils sont inoffensifs, ma respiration s’accélère malgré tout , et le bâton dont je me suis muni  m’apparait bien dérisoire . Je bats en retraite , en buvant une petite tasse..

beau requin

Nous déjeunons de poisson cru et d’espadon grillé . Le site est enchanteur et nous ne sommes pas nombreux . En repartant , séance de nourrissage des requins , au pied du bateau. Très vite ce sont 30 à 40 requins qui s’agitent en tous sens . Comme nous sommes dans l’eau , ils nous frôlent en permanence . C’est assez flippant , d’ailleurs je remonte dans le bateau  quand la meute s’énerve un peu , appâtée par les poissons entiers jetés par le pilote.. Ce dernier réussit à en attraper un par la queue, et le jette dans le bateau .Il gigote en tous sens, puis se calme  ( stressé sans doute ) ce qui nous permet de la caresser. Sa peau lisse à l’extrême est d’une douceur surprenante…

requin bateau

Retour à la pension , debout à l’arrière du PICKUP , heureux comme un gosse .

J’ai fini  » besoin de mer  » de HAMON , je crois avoir compris l’auteur dans sa quête d’authenticité . J’ai entamé un polar , faute de lectures marines , . Départ demain pour MANIHI , dernière étape de mon périple , avant retour à PAPEETE.

VETEA m’offre une bière à l’aéroport , j’ai apprécié sa discrétion et son amabilité . Il sait plein de choses sur la vie locale , la faune etc.. il faut juste qu’il se décide à parler ..je pense qu’il attend de savoir à qui il a affaire. le vol vers MANIHI est très court, mais le dépaysement est total ; MANIHI  c’est l’authenticité avec un grand A. Un lagon ( MANIHI est une île coralienne ) de 25 kms parsemé de motus habités ou non . Après 20 mn de navigation , nous arrivons à la pension , VAINUI  PERLES. Elle se compose de 3 bungalows , et est logée sur un motu de 100 de long maximum . J’en fais vite le tour , et je manque de me faire « bouffer » par les chiens du propriétaire ; çà commence bien ! ( le fait d’avoir peur semble une attitude anormale pour le proprio ) . l’électricité est fournie par un groupe électrogène , fort bruyant . Il fonctionne de 6 à 22h , du moins en principe , car le 1er soir  EDMOND ( le proprio ) éteint les feux dès 21h15 , et je me retrouve bien embarrassé avec un livre dans les mains , sur la terrasse et dans un noir bien épais .. Celà sent l’autoritarisme de la part d’EDMOND , qui, bien que distingué , ne semble pas se préoccuper outre mesure de ce qu’il faut bien appeler des clients !

Il vit avec une « locale » prénommée BELLE , qui m’a pris en charge à l’aéroport, et dont je me demande encore s’il s’agit d’un homme ou d’une femme ! ( +- 100 kgs , un physique de catcheur , un peu de barbe , une poitrine de pré-pubère , un transsexuel ? ) . Elle est au demeurant fort gentille.

Bref , le feeling n’est pas terrible.   Heureusement , la journée du lendemain  ( sans EDMOND) est magique. Nous partons , avec le seul couple en villégiature , sous la conduite de BELLE aux commandes de son canot de 8 m  .Nous visitons une ferme perlière qui se révèle être une véritable ruche  ,avec un travail à la chaîne strictement défini . Nous observons principalement le greffeur , qui extrait les perles et replace un nucléus . Les fermes perlières se comptent par dizaines à MANIHI , qui compte parmi les grands centres de productions mondiaux . Nous prenons ensuite, en boat stop , une famille qui habite sur un motu voisin , isolé. La maison est sur pilotis , nous la visitons , c’est simple mais vaste et agréable, ROBINSON CRUSOE  n’est pas bien loin . Le but de la journée est de  faire un barbecue sur un motu désert voisin , il nous faut donc pêcher le déjeuner , ce qui n’est guère problêmatique  tant le poisson abonde. Nous formons 2 groupes , l’un chargé de cueillir des bénitiers  pour le soir , l’autre devant pêcher des mérous sur les tombants coraliens. Une ligne sur le fond , une pierre servant de lest , un appât constitué de morceaux de poulpes , et c’est parti !  Les mérous fort voraces mordent sans problême à l’hameçon , mais les remonter à bord est une autre histoire. En effet , les requins sont là et souhaitent nous déposséder de notre déjeuner. Quelquefois ils « chopent » l’hameçon , çà devient sportif et c’est toujours le requin qui gagne !  Impossible de faire  quoi que ce soit dans le lagon sans que les « pointe noire » apparaissent  . Il suffit de faire cuire les mérous , sur la plage , pour les voir , en nombre , passer et repasser au bord de la plage . Le fait de leur jeter une tête de mérou les rends hystériques, j’en ai même vu un chercher sa pitance , au 3/4 sur le sable !  Le repas est succulent , avec bien sur les mérous longuement cuits et fumés sur un four de corail improvisé, 2 grands feux alimentés pars des feuilles et noix de coco écartant les moustiques

Le pain local ( à base de coco ) cuit au four enveloppé dans des feuilles de coco est très gouteux

FEU MOUSTIQUES

 

 

merou manihi

Au retour , ramassage scolaire au village principal , qui se révèle sans intérêt autre que la passe , unique , de MANIHI. Une poste  , une supérette  et c’est tout . Seul le port  ( c’est beaucoup dire ) connait une petite activité , et il sert surtout de piscine municipale . Au dîner , un peu de mérou, la pêche a été bonne , et surtout du bénitier  au curry. C’est excellent , je ne connaissais pas . La vente est en interdite  mais la consommation personnelle autorisée, et les locaux en raffollent

Un familier de la maison est là et nous parle de sa passion du surf , c’est un véritable intégriste de ce sport . il nous dit mépriser la compétition , et prétend surfer les plus grandes vagues .. Pour lui il n’existe pas de vagues trop hautes , et son discours semble crédible . Il se réfère au pape fondateur du surf , un dénommé DUKE. et c’en est presque mystique ! sur un ton des plus sérieux et devant sa détermination  à surfer les plus hautes vagues , je lui dit   » va surfer dans les 50 èmes  » ; exactement me répond il , il faut juste trouver le bateau qui convient. Alors , grand champion ou mythomane  ( fréquent dans ce milieu me dira GILLES plus tard ) chacun jugera..    il est 21h40 , EDMOND s’impatiente , alors au lit ! ( je vais écrire aux agences de voyages sur les petites manies d’EDMOND )

Je repars le lendemain pour PAPEETE où GILLOU m’attend. Lui ayant parlé d’un souhait de navigation , nous rejoignons un superbe catamaran dont GILLES connait le skipper. Le bateau est l’ancien JET SERVICES , en son temps recordman de la traversée de l’atlantique, qui fait du charter local . Le programme ne prévoit qu’une petite navigation , avec visite de l’île aux oiseaux. Je ne donne pas suite , c’est un « plan » touristes » que je ne goute guère . Dommage , le bateau est superbe  et doit procurer de belles sensations .. Le soir , dîner aux « roulottes » avec GILLES  ( PATRICIA est de sortie ) suivi d’un petit tour en ville , bien animée. Le samedi ( 24 janvier donc ) magasinage ( remember ) et surtout le grand moment du tatouage . 2 heures passées à souffrir le martyr ( douillet ? ) pour un joli tour de cheville  composé de vagues et de coquillages . l’addition est salée…

Gentiment , comme d’habitude , PATRICIA et GILLES  m’invitent avec eux à une soirée anniversaire chez un notable local. La maison est superbe , l’épouse aussi d’ailleurs , plantée au bord du pacifique . Je retrouve le goût du vin et  du rhum , oublié depuis quelque temps. La soirée est sympa  , le propriétaire proche semble t’il de G FLOSSE , et qui a connu GILLES en d’autres temps , nous brosse le tableau de la situation locale , politique et économique.. ouais..

Pour mon dernier jour à TAHITI , Gilles me fait découvrir son île . Malheureusement  peu en forme ce jour là ( endormissement et perte d’équilibre bizarre ) je ne l’apprécie pas à sa juste beauté.

VUE2 TAHITI

 

VUE TAHITI

Je m’envole à 23h . Vol sans histoire, je m’étonne de passer à la verticale du GROENLAND  ( sans doute une histoire d’orthodromie et de loxodromie ) . Nous atterrissons à ROISSY à  8 heures sur la neige , à ma grande surprise . Plus ou moins 30 degrés d’écart , j’ai froid , n’étant couvert que d’une chemise polynésienne  et d’un petit pull .

Comme d’habitude , ces conditions climatiques sèment la pagaille. Un chasse neige est en panne sur une piste , mon avion de 11 h pour BORDEAUX annulé , remplacé par un vol à 18h30. Une journée passée à attendre , à me geler , m’endormir et poireauter. Ceci ajouté à l’amabilité des parisiens , la transition est terrible ..

Arrivée à BORDEAUX  le 27 janvier 2004  à 20h , fin du voyage 36 heures après le départ de PAPEETE.

 

 

GILLES dit GILLOU

Parthenaysien d’origine  avec lequel j’ai partagé des moments rugbystiques au SAP .

parcours singulier  : photographe en métropole , mer et montagne , part en bateau à TAHITI , il y a 18 ans , sur une opportunité. 6 mois de voyage qui font rêver  ( il en a encore plein les yeux ! ) , PANAMA , GALAPAGOS , MARQUISES  etc..

Fait un peu de charter à PAPEETE , puis devient photographe  personnel de G FLOSSE , avec lequel il sillonne la polynésie française . Aujourd’hui caméramen à RFO , les spots de surf n’ont plus de secrets pour sa caméra réputée. Vit avec la charmante PATRICIA , tahitienne d’origine chinoise  ( née à TAHITI, ses parents aussi , c’est la 3ème génération de tahitiens  ) prof de français qui prépare l’agrégation  et  qui lui a donné une splendide VANILLE   ( 6 ans ) .

 

GERARD

Niortais d’origine , travaillant à l’étranger  pour SCHLUMBERGER  ( ingénierie pétrolifère ) et grand copain de thierry PENIGAUD  à CHAURAY . Vit avec VIGNOL , d’origine congolaise , et leur petite fille MAEVA . Installé à MOREA  depuis l’été 2003 , après avoir cherché le site idéal un peu partout …( caraibes afrique) il l’a trouvé. Il projette un investissement immobilier important sur place , de quoi me donner envie de revenir le saluer , d’autant qu’il n’a pas renoncé aux joies de la voile …( aux dernières nouvelles , il serait sur un « plan voilier  » )

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